Chanoine Luc Terlinden ©DR
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Un message de Monseigneur Terlinden, archevêque de Malines-Bruxelles, à tous ses collaborateurs

Ces derniers jours, certains médias flamands ont publié des témoignages poignants de femmes qui, dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, ont été séparées de force de leur mère à la naissance pour être confiées à des familles d’adoption, entre autres par l’intermédiaire de congrégations religieuses. Quel que soit le contexte de l’époque, tant pour ces enfants que pour les mères, la souffrance persiste et ne peut nous laisser indifférents.

Dès 2015, la Conférence des Évêques de Belgique, en collaboration avec le Parlement flamand, avait déjà présenté ses excuses et fait part de son entière volonté de coopérer. Nous les réitérons aujourd’hui, ainsi que la demande formulée à l’époque d’une enquête indépendante approfondie et complète, qui n’a hélas toujours pas été menée à ce jour. Dans un premier document en annexe, vous trouverez de plus amples informations sur cette douloureuse réalité des adoptions forcées.

Les témoignages effroyables de l’émission Godvergeten diffusée sur Canvas et la RTBF restent bien sûr eux aussi gravés dans nos mémoires. Entre-temps, des commissions parlementaires ont entamé leurs travaux au sein du Parlement fédéral et du Parlement flamand. Nous collaborons pleinement avec ces commissions et souhaitons examiner avec elles comment nous pouvons aller encore plus loin dans la lutte contre les abus sexuels dans des relations pastorales. Dans un second document en annexe, vous trouverez une première série de mesures supplémentaires auxquelles nous pensons et que nous soumettrons aux commissions parlementaires.


La semaine dernière, nous avons également appris une bonne nouvelle : le Pape François a annoncé qu’il viendra dans notre pays pour une visite pastorale à l’automne prochain ! Le programme spécifique, d’un ou de deux jours, vous sera communiqué dès que possible. Je vous invite d’ores et déjà à porter dans vos prières la réussite de cette visite exceptionnelle.

Chers frères et sœurs, nous vivons des temps difficiles, mais l’espérance de Noël habite en nous.  Qu’elle nous donne la force d’annoncer l’Évangile en paroles et en actes ! Nous pouvons nous appuyer sur l’exemple de notre Sauveur. Lui non plus n’a pas toujours eu la vie facile, mais il a persévéré dans la confiance en Dieu son Père et dans les hommes. Continuons à l’imiter.


Le 24 novembre 2015, la Conférence des Évêques de Belgique, en collaboration avec le Parlement flamand, a présenté ses excuses aux victimes d’adoptions forcées dans les institutions catholiques qui y ont participé dans le passé. Les évêques ont alors exprimé leur compassion face au chagrin et au traumatisme causés par la séparation – à l’époque et aujourd’hui – de la mère et de l’enfant, et ont proposé d’apporter leur aide chaque fois que c’était possible. Ces excuses pour les erreurs involontaires, cette compassion et cette volonté de coopérer sont toujours d’actualité.

Avant même que le Parlement flamand n’organise les auditions sur les adoptions forcées en 2014, la Conférence des Évêques de Belgique avait déjà pris des mesures pour établir des contacts, trouver les dépositaires des archives et les convaincre de fournir les informations disponibles. Mgr Herman Cosijns, ancien secrétaire général de la Conférence des Évêques de Belgique, a visité presque toutes les maisons d’accueil pour enfants et exhorté les instances concernées à transmettre toutes les informations disponibles à Kind en Gezin (équivalent de l’ONE). S’il s’avère que dans certaines maisons d’accueil, aucun dossier n’a été tenu à jour ni conservé, ou que des dossiers n’ont pas été transmis à Kind en Gezin, nous ne pouvons que le déplorer profondément. Jusqu’à présent, la Conférence des Évêques a toujours collaboré activement à toutes les questions relatives à la recherche des mères biologiques et/ou des enfants adoptés, et elle continuera à le faire. En 2015, le Parlement flamand a adopté une resolutie (résolution) demandant une enquête indépendante sur les adoptions forcées. La Conférence des Évêques a appuyé cette demande dès le départ. Une fois de plus, nous regrettons que l’enquête indépendante promise n’ait jamais eu lieu à ce jour.

En ce qui concerne les compensations financières ou autres, l’Église estime que la question des adoptions forcées comporte de nombreux acteurs, dont les institutions catholiques impliquées ne constituent qu’un groupe. Il serait donc nécessaire de procéder d’abord à des enquêtes indépendantes.

En même temps, les évêques souhaitent exprimer leur reconnaissance pour toutes les adoptions passées ou présentes qui se déroulent dans de bonnes conditions, notamment dans le respect de la libre décision et moyennant l’accompagnement à long terme de la mère biologique, avec la coopération professionnelle tant des soignants que de la justice, et l’accompagnement professionnel des parents adoptifs. L’adoption peut être quelque chose de beau et d’humain lorsqu’elle répond aux conditions appropriées et s’inscrit dans le bon contexte.

De nombreuses informations complémentaires sont disponibles sur le site opgroeien.be dans le Eindrapport Expertenpanel Wegen tot erkenning en herstel bij gedwongen adopties (april 2025) – rapport final du groupe d’experts d’avril 2015 sur les voies de reconnaissance et de guérison dans le cadre des adoptions forcées (uniquement disponible en néerlandais).


Au lendemain de la crise Dutroux et en particulier depuis la commission parlementaire de 2010-2011, l’Église de notre pays a pris de nombreuses mesures pour reconnaître les abus sexuels dans des relations pastorales, aider à la guérison et mettre tout en œuvre pour prévenir de nouveaux abus.

Un aperçu des principales initiatives prises entre 1997 et 2023 est disponible en cliquant sur ce lien: https://www.cathobel.be/eglise-en-belgique/la-conference-des-eveques/abus-sexuels-dans-leglise/

Toutes les informations sur l’engagement de notre Église dans la lutte contre les abus sexuels dans les relations pastorales sont rassemblées dans un format actualisé sur cette page de Cathobel. Abus sexuels dans l’Eglise : contact, dépôt de plainte, protection jeunesse (cathobel.be)

Depuis la diffusion de la série Godvergeten sur Canvas, des commissions parlementaires ont été mises en place au sein du Parlement fédéral et du Parlement flamand. L’Église coopère pleinement et les responsables ecclésiaux seront entendus dans ces commissions après le Nouvel An. Outre l’évaluation des mesures prises jusqu’à présent, elles examineront également s’il est possible de prendre des dispositions supplémentaires. Dans l’intervalle, l’Église soumettra les propositions suivantes aux commissions :

o contribuer aux dépenses pour l’aide psychologique aux victimes ;

o collaborer au 18 novembre comme Journée internationale pour la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels ;

o créer des groupes d’entraide/groupes de victimes d’abus, avec un accompagnement profes-sionnel externe ;

o désormais, tous les titulaires d’un mandat pastoral seront tenus de présenter un certificat de bonne vie et mœurs non seulement au début de leur mandat, mais aussi tous les 5 ans ;

o une rencontre avec les victimes est prévue lors de la visite pastorale du Pape dans notre pays en 2024 ;

o les statues à la mémoire des victimes des abus sexuels inaugurées précédemment à Koekel-berg, Bruges et Anvers seront placées plus au centre et des cartes de prières seront prévues.

Dans les interviews du dimanche 17 décembre, Mgr Luc Terlinden a également abordé la lutte contre les abus sexuels dans les relations pastorales.

Interview dans le journal De Zondag et sur RTL-TVI.

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